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Le ‘tsunami silencieux’ de la crise alimentaire mondiale

Le ‘tsunami silencieux’ de la crise alimentaire mondiale

© Alter Info, Rian

Les belles expressions « tempête idéale », « tsunami silencieux » n’ont malheureusement rien à  voir avec le romantisme rude qu’inspire la mer, mais s’appliquent à  la famine et à  sa menace. Et celle-ci est très réelle. « Tempête idéale » est le terme qu’a employé, à  Paris, le directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) Jacques Diouf, pour décrire la forte croissance de la demande mondiale (et des prix naturellement) en produits alimentaires de base. Et, lors de la conférence sur l’alimentation qui a pris fin le 24 avril à  Londres, Josette Sheeran, directrice exécutive du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM), a parlé de « tsunami silencieux » pour évoquer la vague de famine qui menace les pays pauvres.

Par Andreï Fediachine, RIA Novosti

grande distribution

La crise alimentaire mondiale, qui enfle à  toute allure, a même tenté de « tester » les Etats-Unis sans pour autant pénétrer sur leur territoire. Wall-Mart, premier distributeur du pays et du monde également, a annoncé qu’il limitait les achats de riz à  deux sacs par personne. Ce sont, il est vrai, des sacs de vingt kilos, mais là  n’est pas la question. Jamais encore, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis n’avaient restreint leurs achats de quelque produit alimentaire que ce soit. D’autres chaînes de magasins ont suivi l’exemple de Wall-Mart. Costco, premier grossiste américain, a limité les ventes de riz. Du jamais vu en Amérique. Après les inondations et les catastrophes naturelles, il arrivait que certains produits manquent dans les supermarchés, mais de là  à  quelque chose d’aussi abrupt que « pas plus de deux par personne »… Mais cela reste plutôt du domaine de l’insolite: l’Amérique ne sera pas victime de la famine. La situation est, en revanche, bien plus grave en dehors du monde industrialisé.

A tel point que l’ordre du jour du prochain sommet du G8, qui se déroulera à  Hokkaido du 7 au 9 juillet, a déjà  été modifié. Les changements climatiques et l’aide à  l’Afrique, qui devaient être au coeur des débats, s’effacent maintenant devant la menace de la famine.

Le patron du sommet, le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda (c’est, traditionnellement, le pays hôte qui établit l’ordre du jour) vient d’envoyer ces jours-ci à  tous les membres du G8 une lettre les informant de ce changement des priorités. « La menace de la famine et de la sous-alimentation grandit et les prix élevés ont déjà  provoqué des émeutes sociales… c’est un défi mondial inévitable et grave. » Ce problème, sous une forme aussi nette qui plus est, n’avait encore jamais été discuté lors de l’un des sommets depuis la création du groupe, en 1975. Au cours des trente dernières années, c’est le sommet d’Ottawa de 1981 qui s’en est le plus rapproché. Ce qui n’était encore que le G7 avait alors souligné « l’importance d’accélérer la production d’aliments dans les pays en voie de développement et de renforcer la sécurité alimentaire mondiale ». Mais, deux ans plus tard, suite à  de bonnes récoltes, les marchés croulaient sous les céréales, les prix chutaient et ce thème fut oublié, de même que les promesses d’accroître les aides à  l’agriculture, c’est-à -dire d’investir dans le développement de l’agriculture, de l’Afrique et de l’Asie.

Pour ce qui est des prix, c’est actuellement le riz qui se trouve être le « cancre de la classe ». En un an, les cours ont triplé, passant de 300 à  1.000 dollars la tonne. Depuis le début de l’année, des fournisseurs et des consommateurs de riz tels que la Chine, l’Inde, le Vietnam et l’Egypte ont interdit son exportation afin de casser la hausse des prix sur les marchés intérieurs. La Thaïlande, premier exportateur de riz au monde, pourrait rapidement les rejoindre, aux dires des spécialistes.

Les experts occidentaux affirment que la crise alimentaire actuelle est due, à  la base, à  la croissance économique de la Chine et de l’Inde (la hausse du niveau de vie ayant entraîné celle de la demande), à  une demande accrue en biocarburants, en éthanol, à  la hausse mondiale des cours du pétrole. C’est bien commode (pourquoi ne pas tout mettre sur le compte de la Chine ou de l’Inde!) pour expliquer toutes les dérives de l’offre et de la demande, du boom et de la fièvre des prix. Mais il existe d’autres raisons.

Jacques Diouf ne manque pas de tenir des propos peu flatteurs sur les pays développés. C’est, considère-t-il, leur inertie durant de nombreuses années qui a conduit à  la gravité de la situation présente. « Nous ne sommes pas dans une tragédie grecque où les êtres humains ne peuvent rien faire contre le sort, a-t-il déclaré à  Paris. Non, nous avons la capacité de construire notre avenir. » La crise a couvé pendant des décennies. « Cette situation, devait-il ajouter, est le résultat de politiques inappropriées depuis une vingtaine d’années. Entre 1990 et 2000, on a baissé de moitié l’aide alimentaire à  l’agriculture [des pays en voie de développement]. Durant cette période, on a mené des politiques de soutien et des politiques tarifaires dans les pays développés. »

Or la crise ne fait que commencer. Les experts de la FAO et du PAM affirment que le monde ne se rend pas encore bien compte de toute l’ampleur du « tsunami silencieux » qui approche. Le PAM fournit aujourd’hui, dans le cadre des programmes de l’ONU, de la nourriture à  près de 90 millions de personnes dans les pays les plus pauvres du monde. Comme l’a déclaré Josette Sheeran lors de la conférence de Londres, si rien n’est entrepris dans l’immédiat, et c’est hier qu’il aurait fallu le faire, c’est plus généralement un « nouveau visage de la faim » dans le monde qui nous attend. La famine touchera quelque 100 millions de nouvelles personnes « qui ne se trouvaient pas dans une catégorie urgente il y a six mois ».

En Russie, la marée des prix déferlera après le 1er mai, lorsque l’accord sur le gel des prix des produits alimentaires de base devrait être levé. Compte tenu que nous importons plus de 50% des produits que nous consommons (un peu moins de 80% pour Moscou), cela aurait pu causer une très grosse secousse si les prix, en dépit des accords passés entre les fournisseurs et le gouvernement, n’avaient déjà  augmenté avant le « dégel ».

On n’a absolument aucune envie d’en parler à  la veille des fêtes… Mais cela n’empêchera pas d’en entendre encore parler après…

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à  la stricte responsabilité de l’auteur.


Publié le 30 avril, 2008 dans Alimentation.

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