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La faim du monde : Le prélude à  la fin du monde?

La faim du monde : Le prélude à  la fin du monde?

© Alter Info

Aux Parisiens qui se plaignaient de ne pas pouvoir acheter de pain, Marie-Antoinette répondit: « Qu’ils mangent de la brioche! »

Professeur Chems Eddine Chitour
Le monde a faim! Et il se révolte. Depuis plusieurs semaines, des émeutes éclatent partout à  la surface du globe. Burkina-Faso, Sénégal, Côte d’Ivoire, Bengladesh, Philippines…pour réclamer une baisse des prix des produits alimentaires. Même des pays généralement épargnés par ces crises de subsistance ont connu des poussées de fièvre. La contestation en Egypte risque d’échapper à  tout contrôle, deux journées d’émeutes, les 6 et 7 avril, ont éclaté dans la ville industrielle de Mahalla Al-Koubra, au nord du Caire et ont été réprimées. Mark Thirlwell, écrivant dans le Financial Times du 26 février, a fait remarquer que « alors que la part de la nourriture dans le panier du consommateur d’un pays riche, comme les Etats-Unis, est relativement faible, environ 10 pour cent, il est d’environ 30 pour cent en moyenne en Chine et de plus de 60 pour cent en Afrique sub-saharienne.

L’ONU et les organisations internationales sont impuissantes car le centre des décisions s’est déplacé ailleurs, tous les scénario faits dans les chapelles occidentales avaient minimisé le rôle et le développement des pays émergents considérés en développement depuis près de cinquante ans; en fait les Occidentaux ne se sentent pas concernés, il aurait été moral d’entendre le raffut des organisations des droits de l’Homme de tous les Hommes et le premier de leur droit à  la dignité humaine par l’octroi d’un smic en termes de droit à  l’alimentation. Cependant, de plus en plus, dans la communauté internationale, les voix se multiplient pour réclamer un changement de politique agricole. Une étude réalisée par l’ONU s’appuie, notamment sur des données du Fonds international de développement agricole (FIDA), une agence de l’ONU selon laquelle, pour chaque augmentation de 1% du prix des denrées de base, 16 millions de personnes supplémentaires sont plongées dans l’insécurité alimentaire. Cela « signifie que 1,2 milliard d’êtres humains pourraient avoir chroniquement faim d’ici à  2025; 600 millions de plus que précédemment anticipé ». Jusqu’à  présent, les modèles d’analyse de l’ONU se sont rarement appliqués à  « des situations où il y a de la nourriture, mais où les gens n’ont pas de quoi se la payer ». Cette tendance nouvelle a été qualifiée de « crime contre l’humanité », en octobre 2007, par Jean Ziegler, alors rapporteur des Nations unies sur le droit à  l’alimentation »(1).

La Chine et l’Inde : boucs emissaires
Jacques Diouf, directeur général de la FAO, tire le signal d’alarme. Face à  la crise alimentaire – « la plus grave depuis 15 ans »– qui frappe les pays les plus pauvres et où se sont déroulées des violentes manifestations, il prévient: la faim et la colère risquent de se propager. C’est une crise très grave, sans doute la plus grave depuis une quinzaine d’années. Selon l’index FAO, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 58% en un an, de 131% pour les céréales. Le problème est que nous avons une conjonction de facteurs négatifs qui ont entraîné une hausse des prix. Dans plusieurs pays, les effets du changement climatique ont entraîné de mauvaises récoltes l’année dernière. Il y a eu la sécheresse en Australie mais aussi au Kazakhstan, des inondations en Asie, des ouragans en Amérique latine et un hiver exceptionnellement froid en Chine. A cela s’ajoute un épuisement des stocks. Parallèlement, il y a un accroissement de la demande dù à  une augmentation de la population mondiale. Dans les pays émergents qui connaissent de forts taux de croissance, comme la Chine et l’Inde, la population consomme aussi plus de produits alimentaires. Enfin, la nouvelle demande en bioénergies a également joué. Désormais, des quantités importantes vont à  la production des bioénergies. Je ne vois pas de raisons objectives de diminution des prix. Certes, il devrait y avoir une augmentation de 4,6% de la production mondiale de produits agricoles cette année mais ce ne sera pas suffisant pour faire face à  l’accroissement de la demande. Si nous ne prenons pas les mesures appropriées, il faut donc s’attendre à  de nouvelles émeutes de la faim. Jacques Diouf, président de la FAO a plaidé pour un « transfert massif de semences », ce qui permettrait aux agriculteurs des pays pauvres de s’approvisionner en grain, engrais et fourrage. Il a, par ailleurs, appelé les dirigeants mondiaux à  participer à  un sommet sur la crise alimentaire du 3 au 5 juin à  Rome ».(2).

Analysons les causes de ces émeutes énumérées par Jacques Diouf: La Chine et l’Inde montrés du doigt. Nous y voilà ! la diabolisation des pays émergents dont la Chine. La consommation de viande en Chine par habitant est passée de 20kg en 1980 à  50kg aujourd’hui. Sachant qu’il faut 7 à  8kg de céréales pour produire un kilo de viande, difficile de maintenir une stabilité des prix. (les Chinois et les Indiens sont coupables de vouloir de mieux en mieux manger bien et de ne pas se contenter du bol de riz). C’est d’ailleurs, le même scénario concernant l’énergie, pourquoi les Chinois s’entêtent à  faire comme les Occidentaux et à  vouloir rouler en voiture, le vélo c’est tellement écologique?!! Le cours du riz sur les marchés mondiaux (riz de catégorie moyenne et d’origine thaïlandaise), a presque doublé en seulement trois mois, passant de 360$ à  760$ la tonne métrique. Pour la presse occidentale, « l’Inde, la Chine, se ruent sur la marchandise pour s’assurer des provisions ». Implicitement, on leur en veut de se prémunir contre la faim. D’ailleurs, lorsque les médias proches de la Cité de Londres écrivent sur la crise alimentaire mondiale, leurs lignes éditoriales se ressemblent étrangement: ils demandent un génocide. Par exemple, The Economist de la semaine du 29 mars 2008 incrimine l’Inde, la Chine et d’autres nations, pour avoir posé des restrictions à  l’exportation de grains sur le marché mondial, afin de protéger leur consommation intérieure. Un autre exemple caractéristique d’une vision du monde malthusienne, selon laquelle il y a « trop de convives à  la table de Mère Nature », dans le Wall Street Journal du 24 mars. En couverture: « Les nouvelles limites à  la croissance ravivent les peurs malthusiennes ». L’article déclare qu’il y a trop peu de ressources dans le monde pour soutenir une population grandissante.

Les médias occidentaux sont « discrets », naturellement, sur les méfaits de la spéculation, cette « machine du diable qui est en train de miner le monde. Les fonds spéculatifs sont aussi entrés dans la danse. » Incontestablement, pense Jacques Diouf, le Directeur général de la FAO, les fonds spéculatifs ont participé à  cette augmentation. Ils jouent toujours sur les marchés à  terme, que ce soit pour les aliments ou les métaux. Mais ils n’interviennent pas s’il n’y a pas d’opportunités. Leur intervention n’est donc pas une cause structurelle au problème.

De plus, les événements météorologiques liés au réchauffement climatique ont également joué un rôle dans la hausse des prix. Un rapport récent de l’université de Stanford prédit une baisse de près d’un tiers de la culture de base qu’est le maïs, en conséquence du changement climatique, pendant les vingt années à  venir. La chose la plus importante est que la demande croissante en biocarburants – près de 100 millions de tonnes de céréales l’an passé – a perturbé le marché. Le cours du maïs, employé pour produire l’éthanol, a plus que doublé depuis deux ans. Cent millions de tonnes de céréales par an sont aujourd’hui utilisées pour fabriquer de l’éthanol ou du biodiesel, subventionnés publiquement comme alternative au pétrole. Jean Ziegler, le rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à  l’alimentation, s’est inquiété d' » une hécatombe  » à  venir. Il s’en est pris très durement à  la fabrication des biocarburants, l’assimilant à   » un crime contre l’humanité « . Car le boom de  » l’or vert «  que constituent les agro-carburants est, en partie, responsable de la flambée des cours.

Paradoxalement, l’appât du gain a fait tourner la tête aux chefs d’Etat africains. Le Ghana, le Bénin, l’Ethiopie, l’Ouganda, la Tanzanie, la Zambie et l’Afrique du Sud ont tous des projets pour produire des cultures à  biocarburants. Dans un rapport publié dans l’Indépendant, le 16 février,:  » L’Afrique est un continent largement ouvert et l’industrie énergétique veut en profiter…C’est un retour aux plantations coloniales. « Les gouvernements accordent d’immenses portions de terre aux compagnies privées pour convertir la biomasse cultivée sur de grandes plantations en carburants liquides pour les marchés d’exportation.

Que faire?

Les dirigeants africains comme le Sénégalais Abdoulaye Wade, prédisent une « révolution verte » et lorgnent avec espoir vers des exportations lucratives. »(4).C’est dans ce même pays qu’ont eu lieu, récemment, des émeutes de la Faim…On comprend mieux pourquoi il y a des émeutes de la faim…C’est pas intéressant de vendre de la farine aux pauvres du Sud, quand on peut s’en servir pour remplir le réservoir d’un conducteur de 4àƒ””4 dans le Nord…
Que faire? « Si les prix de l’alimentation continuent comme ils le font maintenant, les conséquences seront terribles, a prévenu le Directeur général du FMI. Des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim. » Pour l’immédiat, Robert Zoellick le Directeur de la Banque mondiale, appelle à  un « plan mondial »: créer un fonds d’urgence de 500 millions de dollars, l’industrie a été trop privilégiée et réfléchir aux conséquences des cultures de biocarburants (en clair, les abandonner sauf là  où ils sont incontestables, comme au Brésil, à  la déforestation près)…Le pire est que la tentation du chacun pour soi est évidemment très forte pour les dirigeants. Les pays producteurs veulent « retenir la nourriture chez eux » en haussant les taxes à  l’export (Argentine, Inde, Russie »(3).

Jean Ziegler, l’auteur de L’empire de la honte, a appelé le FMI à  changer sa politique de subventions agricoles et à  cesser de soutenir exclusivement des projets visant la réduction des dettes des pays pauvres et donc tournés vers les exportations. L’agriculture, estime-t-il, doit être subventionnée dans des secteurs où elle assure la survie des populations. Le rapporteur spécial de l’ONU a également critiqué l’Union européenne pour sa politique de subventions, l’accusant de dumping agricole en Afrique.

Devant les malheurs actuels et annoncés, la FAO a l’arme fatale pour conjurer les périls: mettre les populations du Sud en demeure de consommer des bestioles et autres larves riches en protéines. « Avec plus de 1400 espèces consommées par l’homme dans le monde entier, les insectes représentent un créneau prometteur tant sur le plan commercial que nutritionnel, a déclaré la FAO aujourd’hui…Si l’idée de manger des insectes peut sembler étrange ou peu ragoùtante, c’est une coutume en réalité très répandue de par le monde. Au moins 527 insectes différents sont consommés dans 36 pays d’Afrique; et 29 pays d’Asie et 23 des Amériques en consomment également. Sur les centaines d’espèces consommées par l’homme, les principaux insectes appartiennent à  quatre grands groupes: punaises, fourmis, abeilles et guêpes; sauterelles et criquets, teignes et papillons. Les insectes possèdent une valeur nutritive élevée. Certains contiennent autant de protéines que la viande et le poisson. Séchés, ils ont souvent une teneur en protéines double par rapport à  la viande et au poisson frais, mais généralement pas plus que la viande ou le poisson séché ou grillé. En dehors de leur valeur nutritionnelle, de nombreux experts estiment que les insectes comestibles détiennent un potentiel considérable de création de revenus et d’emplois pour les populations rurales qui s’occupent de leur capture, de leur élevage, de leur transformation, de leur transport et de leur commercialisation. Ce potentiel pourrait bénéficier de la promotion et de l’adoption de normes alimentaires modernes pour les insectes qui sont vendus vivants, séchés, fumés, grillés ou sous toute autre forme. »(5)

Pendant ce temps, le commerce des armes n’a jamais été aussi florissant! Le commerce des armes est un instrument de politiques étrangère qui assure la défense d’un pays. De plus, celui-ci a un but économique, en créant: des industries et des emplois…Mais ce « marché meurtrier » marque aussi l’échec de notre civilisation humaine. Mais dans ce marché, évidement, ce sont les pays du G8 qui sont les principaux vendeurs avec 80% des exportations mondiales. Dans cette configuration, la France, le Royaume-Uni et la Chine…sont même à  la pointe de la technologie! En France, celle-ci recevrait entre 4000 et 6000 contrats d’armement, de tous montants et chaque année. En matière de dépense militaire, les Etats-Unis ont la première place. Puis, les armes alimentent surtout les pays pauvres: Soudan, Birmanie, Congo, Colombie, Philippines…Mais les grands importateurs proviennent surtout du Moyen-Orient (Irak, Arabie Saoudite, Syrie, Libye..).(6) Les marchands de la mort, c’est plus de 1000 milliards de dollars de chiffres d’affaires, alors que la pauvreté peut être éradiquée pour dix fois moins!

Les pays africains ont au-dessus de leur tête tous les malheurs du monde: des dirigeants qui sont loin d’être des visionnaires, un monde occidental qui les pille sans état d’âme, à  la fois sur le plan des matières premières et plus récemment, qui leur dispute les céréales. Il faut savoir, en effet, qu’un litre de biocarburant nécessite des céréales et surtout 9000 litres d’eau pour son irrigation. Rouler en quatre-quatre ou nourrir la planète, les Occidentaux, malgré les larmes de crocodile qu’ils versent conjoncturellement, ont choisi. S’il faut ajouter à  cela les colères de la Terre, les changements climatiques – dus à  une consommation débridée en énergie fossile qui envoie près de 27 milliards de tonnes dans l’atmosphère – avec plus de 75% pour les pays industrialisés et à  peine 3% pour l’Afrique!! On comprend mieux la signification de la phrase de Frantz Fanon: les Damnés de la terre, citée, il est vrai, dans le contexte de la colonisation, qui est, toutes proportions gardées, aussi que la situation que les populations africaines vivent actuellement. Cette faim dans le monde déshérité prélude sans conteste à  la fin du monde par l’égoïsme des hommes, qui affame les hommes et qui rendra la planète invivable du fait des changements climatiques qui s’accélèrent.

1. Philippe Bolopion: Emeutes de la faim: un défi inédit pour l’ONU. Le Monde 13.04.08
2. Jacques Diouf: « De nouvelles émeutes de la faim » Propos recueillis par Antoine Malo Le Journal du Dimanche 13 Avril 2008
3. Eric Le Boucher Le retour des ventres creux, Le Monde du 13.04.08
4. http://www.wsws.org Mardi 01 Avril 2008.
5. Bestioles répugnantes ou mets de choix? La contribution des insectes forestiers dans l’alimentation Site de la FAO.19 février 2008
6. Introduction au commerce des armes [email protected] Dimanche 13 Avril 2008

Pr Chems Eddine CHITOUR (*)
(*) Ecole Polytechnique Alger


Publié le 17 avril, 2008 dans Alimentation, Inde.

Commentaires (1)

 

  1. BEDRANE MOUSSA dit :

    Ce n’est pas la Reine Antoinette mais c’est l’impératrice EUGENIE épouse de de l’Empereur Napoléon III qui avait prononcé cette phrase.

    En effet, c’était durant le siège de Paris en 1870, que le Général BOULANGER s’en vint dire à  l’empereur :

    « Sir ! le peuple a faim, in n’a plus de pain. »

    Et l’incrédule Eugénie s’zempressa de répondre à  la place de son époux :

     » Puisqu’il n’y plus de pain, donnez leur des brioches ! ».

    BEDRANE Moussa
    Agouni-Guéghrane.15465.

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