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Matières premières et inflation mondiale

Matières premières et inflation mondiale

© LesEchos.fr

Dans son quarante-quatrième rapport annuel relatif à  l’extraordinaire année 1973, la Banque des règlements internationaux conviait dans les termes suivants à  la modestie – et à  un réexamen critique des politiques menées – les ministres des Finances et gouverneurs de banque centrale de l’époque, sans parler de leurs savants experts respectifs : « L’apparition du boom mondial des matières premières devrait donner lieu au fond à  un mea culpa collectif. » L’exhortation est, selon toute apparence, restée lettre morte. Si on rappelle que le même exercice avait été marqué par un nouveau et paroxystique accès de la crise du dollar qui faisait rage depuis le printemps 1971, le rapprochement avec les bouleversements en cours aura peut-être des chances de n’apparaître au lecteur ni fortuit ni forcément inutile.

Pendant les deux périodes considérées (celle d’aujourd’hui et celle de la première partie des années 1970 du siècle passé), les prix de pratiquement toutes les matières premières tant agricoles que minières auront été multipliés par 3 ou 4, et parfois davantage, dans un laps de temps relativement court, étalé selon les cas entre deux et quatre ans.

A 14 heures ce mardi 8 avril 2008, jour où le professeur Philippe Chalmin, directeur du cercle CyclOpe (1), avait organisé un séminaire « Matières premières » à  l’université Paris-IX Dauphine où il enseigne, le cuivre cotait 8.682 dollars la tonne. Au commencement de 2003, il valait 1.545 dollars. Pour les utilisateurs, l’évolution en dents de scie – la volatilité sur laquelle joue la spéculation et que, dans une certaine mesure, elle provoque ou attise – du cours du cuivre se révèle encore plus perturbatrice que la hausse. Pendant l’année 1973, on avait déjà  vu le prix monter de 50 % en l’espace de quatre mois (2).

Cette première expérience de renchérissement avait précédé le coup de force (octobre 1973) de l’Opep se substituant au puissant cartel des grandes compagnies occidentales pour fixer souverainement le prix du baril à  la sortie des tours de forage. « Choc pétrolier » est une façon de parler. La formidable désorganisation des marchés qui s’est produite alors avait en réalité pour origine la première crise aiguë du dollar. Elle éclata en 1971.

Au début de la septième décennie du XXe siècle, une autre fiction capte l’imagination du public de bonne volonté. Le Club de Rome attribue la hausse vertigineuse des cours des matières premières à  l’épuisement des ressources naturelles. Solution : la croissance zéro. Ses arguments, orchestrés à  grands coups de tambour par les médias, semblent arriver à  point nommé… Peut-être le Club de Rome a-t-il contribué à  sensibiliser le public et les gouvernants sur la pollution éhontée de l’air, des rivières et des sources. Mais il l’a fait au mépris de toute logique et de tout progrès économique. Il a détourné l’attention du scandale de l’inflation liée à  la monétisation à  grande échelle – en train, aujourd’hui, de devenir exponentielle ? – de la dette publique américaine par les banques centrales.

Un détournement du même tabac serait-il en train de s’opérer en toute bonne conscience ? La réponse est oui, à  une remarque près. Les professionnels et même les économistes sont moins enclins à  tomber dans le piège de la « rareté » que les théories dominantes leur tendent. Au colloque de Dauphine auquel j’ai fait allusion, il est apparu que « le problème n’est pas vraiment celui de la rareté », à  l’exception, peut-être, du cuivre, mais… à  l’horizon de cent ans. En revanche, et aussi incroyable que cela puisse paraître, personne ou pratiquement personne ne relie communément la hausse des matières premières à  « l’orgie de spéculation sur les marchés de «futures» », pour parler comme le sénateur américain démocrate Byron Dorgan (cité dans le « Financial Times » du week-end dernier). Ce déchaînement ne date pas d’hier.

Si on n’y prête pas suffisamment attention, c’est pour une raison de fond. Tout le monde ou presque raisonne spontanément comme si on était en présence de marchandises monopolisées. C’est seulement en cas de monopole que les prix s’expliquent par le jeu, intuitivement facile à  comprendre, de l’offre et de la demande. Très mal intégrée est l’idée fondamentale selon laquelle, dans tout marché concurrentiel, le prix s’aligne forcément et toujours, et cela sans beaucoup de délai, sur le coùt de revient (plus le profit du producteur).

Par exemple, économistes et experts de haut niveau (à  la FAO, à  l’OMC…) rendent compte volontiers de la hausse des denrées agricoles en train de bouleverser les pays pauvres comme la conséquence de facteurs tels que la demande fortement accrue des pays émergents. En mangeant davantage de viande, un Chinois consomme indirectement 5 kilos de céréales – par alimentation animale interposée – là  où il en consommait directement 1 kilo seulement. Mais marchés et commerce international sont des instruments extraordinairement fins d’adaptation permanente de l’offre aux impulsions de la demande. Ce n’est pas ces évolutions ou des accidents climatiques qui expliquent le triplement (et plus) du cours du blé depuis janvier 2006 ! Allez plutôt voir du côté des grands marchés du blé, du soja, du maïs au Chicago Mercantile Exchange. Les banques d’investissement y prennent de fortes positions. En l’absence d’un marché organisé pour le riz, certains fonds d’investissement en financent le stockage (accaparement).

Le même raisonnement vaut pour le pétrole (ou les métaux). La hausse verticale des graphiques de prix ne s’explique qu’en faible partie par la faiblesse des investissements au cours des dernières années. La vérité est plutôt que ces investissements paraissent absolument dérisoires au regard des positions prises à  la hausse par des… banques sur le Nymex à  New York ou sur l’International Petroleum Exchange à  Londres. Les marchés sont déréglés parce que l’or noir et jusqu’aux denrées agricoles sont devenus des valeurs « refuges ».

Publié le 16 avril, 2008 dans La Bourse & L'Economie.

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