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En Chine, quelques voix bravent le tabou tibétain

En Chine, quelques voix bravent le tabou tibétain

© Le Figaro

Face à  un Parti communiste que le Tibet renvoie à  ses vieux réflexes, une poignée de Chinois bravent la censure, voire la police pour affirmer que leur pays fait fausse route.

Le plus surprenant est qu’ils osent redresser la tête. Face à  un Parti communiste que le Tibet renvoie à  ses vieux réflexes et malgré l’avalanche de propagande hostile au dalaï-lama, une poignée de Chinois bravent la censure, voire la police pour affirmer que leur pays fait fausse route.

Les critiques dont la France est la cible sur Internet, ou les attaques répétées de la presse contre le travail de médias comme CNN et la BBC ne donnent qu’une pâle idée du coup de froid qui s’est abattu sur Pékin, sans parler de Lhassa. C’est moins de la xénophobie qu’une intimidation orchestrée afin de faire rentrer les Chinois dans le rang. Pékin l’a légitimée en saluant une réaction «purement spontanée» du peuple chinois. «La crise tibétaine, disait jeudi le porte-parole officiel Qin Gang, est le miroir qui réfléchit le vrai visage de certains dans la communauté internationale.»

À Pékin, une toute petite minorité résiste. Elle s’inquiète d’un retour à  la guerre froide et pousse au dialogue avec le prix Nobel tibétain. Elle n’encourt pas seulement l’étiquette de «parti de l’étranger ». À quatre mois de Jeux olympiques que Pékin veut impeccables et sans contestation, c’est la résidence surveillée, voire l’arrestation qui guettent.

Bao Tong, survivant d’une équipe réformiste balayée après le massacre de Tiananmen, ne craint ni l’une ni l’autre. Il est déjà  surveillé 24 heures sur 24 par la police et son statut d’ancien dignitaire du PC le protège du pire. À 76 ans, il porte un jugement vigoureux sur l’attitude de l’équipe Hu Jintao dans la tempête : «Après l’épreuve tibétaine, que reste-t-il de l’harmonie tant vantée par le pouvoir ? Un slogan creux, balayé par l’obsession de la lutte à  mort contre le dalaï-lama. Je suis frappé par la rigidité du discours officiel et l’invocation d’une conspiration étrangère. Elles n’offrent aucune prise au compromis. Politiquement, la Chine est renvoyée aux heures de Mao.»

L’ex-responsable de la réforme politique au PC, emprisonné jusqu’en 1996 et depuis astreint à  la résidence surveillée, se déclare en faveur d’un dialogue avec le dalaï-lama et d’une autonomie «de haut niveau» pour le Tibet. Mais il n’y croit guère. À l’étranger comme à  Lhassa, «le retour de la confiance dépend de l’attitude de Pékin, dit-il au Figaro. Lorsqu’un des interlocuteurs croit détenir la vérité et prétend que tous les autres sont dans l’erreur, aucune discussion n’est possible.»

Révolution culturelle

Wang Lixiong, écrivain, écologiste et auteur d’un recueil d’interview avec le dalaï-lama, flirte lui aussi avec les ennuis. Le premier jour de la révolte tibétaine, le 10 mars, l’a vu assigné à  résidence avec son épouse, l’essayiste Tsering Woeser, l’un des rares écrivains tibétains en langue chinoise*. Il risque d’y retourner rapidement, après avoir lancé une pétition hors des cercles dissidents. Le texte, bravant l’interdit, a déjà  recueilli quelque 400 signatures, toutes identifiées et pour la plupart connues.

Les signataires, plutôt que de plaider pour les droits de l’homme, appellent «au calme et à  la tolérance », en dénonçant une mobilisation «digne de la Révolution culturelle ». Comme le PC, ils invoquent la stabilité et l’unité nationale. Mais ils s’en prennent à  «une propagande biaisée (…) qui enflamme l’animosité interethnique et vient aggraver un climat déjà  tendu» au Tibet.

Wang, comme Bao, se désole de «n’avoir rien entendu qui prête au compromis» dans la bouche des dirigeants chinois. «La révolte qui secoue le Tibet est plus large et plus explosive que celle réprimée par le jeune Hu Jintao en 1989, explique-t-il au Figaro. Si la politique de Pékin ne varie pas, la troisième sera plus désastreuse encore.»


Publié le 29 mars, 2008 dans Monde.

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