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Sarkozy – La déception

Sarkozy – La déception

© L’Express.fr, Eric Mandonnet, Ludovic Vigogne

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Et si, de tous les cadeaux qu’il a reçus pour son mariage avec Carla Bruni, le 2 février à  l’Elysée, pour son anniversaire, le 28 janvier, ou pour Noël, il ne fallait retenir que ces deux lettres-là ? En ce vendredi 21 décembre, à  la veille des fêtes, les collaborateurs les plus proches de Nicolas Sarkozy se retrouvent autour de lui. Catherine Pégard, l’ex-journaliste du Point devenue sa conseillère politique, s’est dévouée pour lui dénicher quelques présents qu’elle lui remet de la part de tous. Il y a les photos, encadrées, que Bettina Rheims a prises de lui pour Paris Match, quelques jours plus tôt, un exemplaire original d’un livre d’Albert Camus, un autre de René Char. Et deux lettres, trouvées aux Autographes, à  quelques pas de la tour Montparnasse, à  Paris. L’une, sur papier à  en-tête de Gallimard, datée de 1950 et signée Camus, est destinée à  un auteur dont l’éditeur vient de refuser le manuscrit: «Les choses seront encore plus difficiles, vous ne devez pas vous décourager, écrit-il. Aucun début, sauf exception, n’est facile. Avec un peu de chance, nous nous en sortirons.» L’autre est adressée par Céline, alors en prison, à  son avocat, Me Mikkelsen. C’est une diatribe contre les journalistes, leurs «articles prêchi-prêcha» et leurs «affreux bafouillages, mi-salon, mi-cathédrale».

C’est l’hiver à  l’Elysée. «Si j’étais inquiet, je ne ferais pas président», disait-il le 8 janvier. Il avait mis vingt-cinq ans pour devenir chef de l’Etat, un instant pour être président. Contrairement à  son prédécesseur, Nicolas Sarkozy était tout de suite apparu à  la hauteur de la fonction. Le doute a surgi plus tard, à  la fin de 2007. Il a grandi avec le marasme économique, une législative partielle perdue, une cote d’amour en berne, des municipales qui inquiètent les candidats de la majorité: «fait-il» vraiment président? Fait-il président, cet homme qu’une partie de son électorat n’attendait pas dans le rôle de mari d’une mannequin devenue chanteuse? Fait-il président, cet homme qui, alors qu’il discute avec des membres de sa délégation dans l’avion le ramenant de son périple dans le Golfe, au début de janvier, demande que l’on monte le son des petits baffles installés dans son avion? A fond, Michel Sardou! «On est ringard et on l’assume», a-t-il l’habitude de plaisanter.

Après l’atonie de la fin du règne chiraquien, la fonction présidentielle nécessitait sans aucun doute d’être désacralisée – mais la voilà  qui risque d’être banalisée. Le candidat Sarkozy avait fondé tout son discours sur le mérite – mais voilà  qu’il s’affiche uniquement avec ceux qui incarnent la réussite, et la réussite facile de préférence. L’homme lui-même est resté aussi authentique qu’hier – mais voilà  qu’il paraît parfois familier. «Je suis frappé de la différence de comportements entre Jacques Chirac et lui, raconte le premier secrétaire du PS, François Hollande. Quand j’allais voir le premier, élu de Corrèze comme moi, dans son bureau de l’Elysée, il ne me serait pas venu à  l’esprit de le tutoyer. Lorsque je rencontre le second, je n’imaginerais pas le vouvoyer.»


Publié le 24 février, 2008 dans Sarkozy.

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