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Big Brother sur les bancs de l’école. Par Lise Le Petit, 20 ans – 06/02/08

Big Brother sur les bancs de l’école. Par Lise Le Petit, 20 ans – 06/02/08

© Le Blog Lycéen, Par Lise Le Petit, Ecole Supérieure de Commerce de Toulouse (31), ancienne rédactrice du journal Le K-fteur et membre fondateur de la webradio ESCape Radio.

Base élèves. Ce nom vous dit quelque chose ? Non ? Et pourtant, il s’agit là  d’une révolution dans le système de l’Education Nationale contre lequel beaucoup d’associations protestent, comme la Ligue des Droits de l’Homme. Mais c’est quoi ça, « Base élèves » ? Base élèves est un fichier centralisé au niveau de chaque rectorat, et que chaque directeur d’école du premier degré doit renseigner via Internet, à  raison d’un dossier par élève. Tout élève, dès qu’il entre en maternelle et jusqu’au CM2 se voit fiché. Nom, adresse, lieu de naissance de l’enfant, profession du père, de la mère… le fameux rituel de la rentrée sera informatisé. Les directeurs devront entrer toutes ces renseignements, avec d’autres informations complémentaire dans ce logiciel. Informations complémentaires ? Oui, comme le parcours scolaire, les problèmes éventuels de discipline, l’absentéisme, la recours à  des éducateurs spécialisés, les problèmes familiaux. C’est en 2004 que la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) valide pour la première fois ce système. Depuis, il a fait son chemin et après quelques expérimentations dans une vingtaine de départements, il devrait être étendu à  l’ensemble des écoles primaires. Selon le ministère, 30 000 directeurs s’en serviraient déjà .

Mais pourquoi donc est-ce que ça coince ? Parce que ce nouveau système est un vrai fichage des élèves. Pour de nombreuses associations et syndicats, la Ligue des Droits de l’Homme et la FCPE par exemple, ce fichier porte atteinte au respect de la vie privé. D’autant que l’existence de ce logiciel n’a fait l’objet d’aucun débat public. On était sùrement trop occupé à  regarder les frasques télévisuelles et autres tours de passe-passe sarkozyens à  la télé. Cette distribution s’est faite sans véritable débat, sans information réelle des parents qui pensent remplir une fiche de renseignements classique. D’où l’impression que ce texte est passé en douce…

C’est sans compter le risque de croisement de ces fichiers à  d’autres, ceux de police par exemple. Et cela est d’autant plus suspect que, à  la base, la feuille de renseignements devait aussi comporter des entrées comme la nationalité de l’élève, la date de son entrée sur le territoire français, la langue qu’il parle à  la maison et sa culture d’origine. Suite à  des manifestations en automne dernier, ces champs ont été enlevés – et heureusement, car rien n’est pire pour un élève qu’une stigmatisation de sa personne et de ses origines. N’empêche que la loi de la prévention de la délinquance de mars 2007 stipule que le secret professionnel peut être partagé entre les différents acteurs sociaux, enseignants, polices et maires. Cela veut dire que l’accès à  ce fichier par tous ces « partenaires » serait donc légal. A une époque où les gouvernants s’emploient à  surveiller chaque jour davantage les populations marginalisées par la précarité pour mieux les punir, la divulgation et l’utilisation d’informations strictement privées peuvent donc s’avérer dangereuses. Pas étonnant que les parents et les associations protestent contre d’éventuelles dérives…

Parents vs le ministère. Une pétition a été lancée fin janvier par les parents d’élèves, des syndicats et des associations sous le titre « Nos enfants sont fichés, ne nous en fichons pas » à  l’adresse http://www.nosenfantssontfiches.org/. Au 1er février, il y avait déjà  plus d’un millier de signatures. Les pétitionnaires regrettent que l’Education Nationale n’ait pas échappé à  l’augmentation du nombre de fichiers informatiques, une évolution « dangereuse pour les libertés publiques ». Ils exigent aujourd’hui des garanties : l’arrêt de toutes les expérimentations et l’assurance que « toutes possibilités de centralisation, d’interconnexion et de partageabilité des données nominatives soient exclues ». Certains organismes, comme Sud Education Var, demandent le retrait pur et simple du logiciel et appelle les directrices et les directeurs, ainsi que l’ensemble des enseignant-e-s, à  ne pas entrer dans ce système et à  ne pas distribuer les fiches de renseignements aux parents d’élèves.

Pour le ministère, base élèves n’est qu’un simple outil. Il s’agit « d’apporter une aide à  la gestion locale des élèves, d’assurer un suivi statistique des effectifs d’élèves et de permettre un pilotage et un suivi des parcours scolaires des élèves » (déclaration faite à  la CNIL par le ministre de l’Education Nationale le 24 décembre 2004). En effet la politique éducative mise en place ces dernières années individualise les situations des élèves, notamment de ceux en difficulté. D’ailleurs, pour Xavier Darcos, le dossier était clos depuis le retrait des mentions ethniques. On voit que ça communique entre le ministère et les parents d’élèves…
Le problème de la protection des données personnelles en France. « Base élève » soulève un problème plus général : celui du respect de la vie privée et de la protection des données personnelles en France. Selon un sondage rendu par le CNIL à  l’occasion de la célébration européenne de la protection des données personnelles et de la vie privée (oui, oui, je vous jure, ça existe !), 61% des Français sont préoccupés par la constitution de fichiers. Seul 26% des personnes interrogées ont le sentiment d’être suffisamment informées de leurs droits à  la protection des données personnelles. Dans une société qui s’informatise de plus en plus et où les sites, à  la limite du voyeurisme comme facebook, fleurissent sur la toile, moi, je n’ai qu’un mot à  dire : ça craint !


Publié le 23 février, 2008 dans Big Brother, Education.

Commentaires (1)

 

  1. DON M dit :

    j’aimerais savoir ce que fait réelement « base-élève » s’il vous plaît :) merci

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