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Suisse: la droite dure remporte les élections

Suisse: la droite dure remporte les élections

© Rue89, Par Ian Hamel (Journaliste), 21/10/2007

Après avoir fait campagne sur des thèmes xénophobes, l’UDC du populiste Blocher sort grand vainqueur du scrutin fédéral.

christoph blocher

L’Union démocratique du centre (UDC) -qui n’a jamais aussi mal porté son nom-, dirigée par le milliardaire populiste Christoph Blocher, sort grand vainqueur des élections législatives en Suisse avec près de 29 % des suffrages. Ouvertement xénophobe, l’UDC n’a jamais fait dans la nuance. Il exhibait sur ses affiches électorales trois moutons blancs chassant des verts pâturages helvétiques un mouton noir…

Le triomphe de l’UDC était annoncé, comme lors des précédentes élections fédérales de 2003. Il est arrivé, sans la moindre surprise. L’Union démocratique du centre conforte sa position de premier parti de Suisse, avec 28,8% des suffrages. Il disposera dorénavant de 62 sièges sur 200 au Conseil national (Assemblée nationale). Au scrutin précédent, l’UDC avait déjà  obtenu 26,7% des voix.

Lourd revers en revanche pour le Parti socialiste, autre poids lourd de la politique suisse. Pratiquement inexistant tout au long de cette campagne électorale musclée, il chute de plus de 4 points, et se retrouve à  19,1%. Il n’aura pas plus de 43 députés.

Autre poussée significative, mais cette fois de l’autre côté de l’échiquier politique, celle des Verts, qui frôlent la barre des 10%. Les écologistes, qui dirigent des villes de Genève et Lausanne, pourraient réclamer un poste de ministre au niveau fédéral.

Une carte d’identité suisse avec le portrait d’Oussama Ben Laden

Christoph Blocher, 67 ans, n’a ni le physique ni le parcours d’un dirigeant d’extrême droite. Fils d’un pasteur, ce Zurichois au « look » d’un employé de bureau, a fait fortune dans l’industrie chimique. Lorsqu’il se lance en politique, dans les années 70, l’UDC n’est qu’un petit parti conservateur, essentiellement implanté en Suisse alémanique, dans les cantons protestants, axé sur la défense des paysans et des petits commerçants. Il en a fait une redoutable machine de guerre, ouvertement xénophobe, et entièrement dédiée au culte du chef. Christoph Blocher n’a pas de dauphin.

Même Jean-Marie Le Pen n’a jamais osé aller aussi loin dans la provocation. Hostile aux naturalisations des étrangers non européens, l’UDC ose placarder la reproduction d’une carte d’identité suisse avec le portrait d’Oussama Ben Laden. Il est même hostile à  ce que des étrangers puissent devenir propriétaires dans la Confédération.

Quant à  son bras droit, Ueli Maurer, il n’a pas hésité à  déclarer durant la campagne électorale: « Soutenir l’égalité des chances signifie actuellement ramener les élèves doués au niveau de requérants d’asile angolais ». Bref, l’UDC affiche son racisme sans le moindre complexe.

Toute la campagne a tourné autour de l’UDC et de ses provocations

Ni le Front national, ni le FpචJà¶rg Haider en Autriche, n’ont eu l’audace de rappeler que les femmes feraient mieux de rester à  la maison pour s’occuper des enfants! Le problème, c’est que la vie politique suisse, ennuyeuse à  en mourir avant l’arrivée de Christoph Blocher, se résume dorénavant aux provocations du leader populiste zurichois, suivies des protestations indignées de ses adversaires. Jamais le Parti socialiste n’a pris la moindre initiative tout au long de cette campagne. Les adversaires de l’UDC se contentent d’affirmer que ce parti « pue », ou de comparer Blocher à  Mussolini.

Résultat, l’Union démocratique du centre n’a pas hésité à  couvrir les murs du pays avec une affiche montrant trois moutons blancs en train de bouter hors du drapeau suisse un mouton noir. Pascal Sciarini et Sarah Nicolet, du Département de science politique de l’Université de Genève, notent dans le quotidien « Le Temps »:

« Les ouvriers, l’ancienne classe moyenne des commerçants et artisans, les agriculteurs se comptent le plus souvent parmi les perdants, ce sont eux qui font le succès de l’UDC. »

En clair, tous ceux qui ont peur de l’Europe, de la mondialisation, du brassage culturel, voient en Christoph Blocher un sauveur. Sans l’UDC, la Suisse aurait très vraisemblablement adhéré à  l’Union européenne. Des entreprises françaises, allemandes ou britanniques répondraient à  des appels d’offres dans la Confédération. Un tel appel d’air qui mettrait à  mal une économie suisse ultra protégée. Aujourd’hui encore, un architecte ou un plombier zurichois rencontre toutes les difficultés pour proposer ses services dans les cantons de Berne ou de Fribourg.

L’UDC triomphe malgré un bilan médiocre

En 2003, après la victoire de l’UDC, qui est devenu le premier parti de Suisse, Christoph Blocher est entré au Conseil fédéral (gouvernement) comme ministre de la Justice et de la Police. Son bilan est assez médiocre aux yeux de ses supporters d’extrême droite.

Il n’a pas pu, bien évidemment, organiser des charters pour expulser par centaines de milliers les étrangers (qui représentent 20% de la population). Tout simplement par de que la Suisse, qui tourne à  plein régime (le chômage n’atteint que 2,5%) a besoin de tous les bras.

Ce milliardaire, propriétaire un château, a réalisé le tour de force durant cette campagne d’apparaître comme le principal opposant du gouvernement, alors qu’il est à  la tête d’un des principaux ministères! Ses adversaires de droite (Parti radical et Démocrates chrétiens) et de gauche (socialistes) n’ont guère abordé les vrais problèmes qui attendent la Suisse dans les années à  venir. Et pour lesquels l’UDC n’apporte pas de solution.

Il y a en premier lieu les relations entre la Suisse et l’Union européenne, qui devront aboutir concernant la libre circulation des personnes et l’agriculture. Il y a l’âge de la retraite, face à  une population vieillissante. Sans oublier l’énergie, dans un pays privé de matières premières. Or, trois réacteurs nucléaires sur cinq seront hors service d’ici 2020. Il y a enfin les étrangers, et notamment les musulmans, indispensables pour faire tourner l’économie, et que l’on ne pourra plus insulter ouvertement!

Les socialistes se sont contentés de répliquer (mollement) à  l’UDC. Ils viennent de perdre 9 sièges à  l’Assemblée nationale. En revanche, les Verts sortent leur épingle du jeu. Ils sont à  9,5% (+ 1,8%) et peuvent dorénavant compter sur 18 députés (+ 4 sièges). Les écologistes ont déjà  déclaré qu’ils étaient prêts à  assumer des responsabilités gouvernementales. En d’autres termes, dans un pays où les postes se répartissent à  la proportionnelle, ils pourraient revendiquer un poste de ministre en décembre prochain.

Toutefois, Ueli Leuenberger, le vice-président des Verts a prévenu: « Il faut vider Christoph Blocher et élire un Vert au Conseil fédéral. Comment peut-on envisager que quelqu’un comme lui, qui ricane lorsqu’il parle d’écologie -la préoccupation numéro une des Suisses- puisse représenter le pays? ».


Publié le 22 octobre, 2007 dans Monde.

Commentaires (2)

 

  1. admin dit :

    L’article m’avait interpelé à l’époque, mais maintenant je le lis totalement différemment…

  2. Paraselse dit :

    Un immense florilège de mauvaise foi, de mauvais perdant égrénant en boucle les habituelles platitudes.

    Pardon, vraiment, mais Ian Hammel est un gland !

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