UE: Sarkozy, « président à moitié magyar », soigne les liens entre Paris et Budapest
Sarkozy Présidera l’Union Européenne en 2008
© AFP, Par Nadège PULJAK
BUDAPEST (AFP) – Le chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy, président « à moitié magyar », comme il l’a lui-même souligné, a soigné vendredi les liens entre Paris et Budapest, à quelques mois de la présidence française de l’Union européenne, lors d’une visite en Hongrie empreinte d’émotion pour ce fils de réfugié politique.
Il s’agissait certes d’un voyage officiel à caractère diplomatique, où il fut beaucoup question de « partenariat stratégique », « de collaboration » en matière commerciale ou énergétique, alors que la France s’apprête, au second semestre 2008, à présider l’UE.
« Vous comprendrez que ce voyage n’est pas pour moi tout à fait comme les autres. Ce n’est pas sans une certaine émotion que je m’adresse à vous aujourd’hui. Tant de liens me rattachent à la Hongrie », a cependant lancé M. Sarkozy dès le début de son discours au Parlement hongrois, une splendide bâtisse néo-gothique de la fin du XIXè siècle.
Quelques instants plus tôt, lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre Ferenc Gyurcsany, il avait évoqué la figure de son père, Pal Sarkozy de Nagy Bocsa, qui avait fui le communisme pour s’établir en France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
« La Hongrie, c’est la partie de mon père. Ce n’est pas tous les jours qu’on a un président de la République à moitié hongrois », a-t-il ajouté. Il a répété plus tard devant la communauté française de Budapest qu’il était « à moitié magyar ».
A plusieurs reprises, il a rendu hommage à la Hongrie, un pays « qui a su garder sa vitalité et sa personnalité sous le joug communiste », « s’est libéré seul de (ses) chaînes » et « a joué un rôle essentiel en 1989, lors de la chute du mur » de Berlin. M. Sarkozy a maintes fois souligné « la fraternité » qui unit la France et la Hongrie, leur « attachement commun à la liberté ».
« J’ai voulu venir ici pour porter le message que l’Europe a besoin de la Hongrie. Beaucoup se jouera ici dans la capacité de l’UE à accompagner le développement économique et démocratique des huit pays qui nous ont rejoint » le 1er mai 2004, a affirmé le président français devant son homologue hongrois Laszlo Solyom. Ce dernier, en retour, a salué « un geste qui signifie que la France comprend le rôle joué par la Hongrie dans cette région ».
Mais M. Sarkozy est également venu pour « lever un malentendu. Il n’y a pas, pour la France, une vieille Europe et une nouvelle Europe. Il n’y a pas dans mon esprit, des pays majeurs et des pays mineurs. Pour tout dire, il n’y a pas ceux qui ont droit à la parole et ceux qui n’ont que le droit de se taire. Il y a des pays égaux en droits et en devoirs », a-t-il ajouté devant les parlementaires, déclenchant les applaudissements de la salle.
Nicolas Sarkozy faisait ainsi clairement allusion à son prédécesseur Jacques Chirac qui avait vivement reproché à certains pays d’Europe de l’Est, dont la Hongrie, leur soutien à l’intervention américaine en Irak en 2003, en affirmant que ces pays avaient perdu « une bonne occasion de se taire ».
Allusion également du président à Donald Rumsfeld, l’ancien secrétaire américain à la Défense, qui avait stigmatisé « la vieille Europe », avant la guerre en Irak.
M. Sarkozy a défini les objectifs de la présidence française de l’UE, dans laquelle il souhaite que la Hongrie « prenne pleinement sa part »: l’immigration, la défense, l’agriculture, la politique énergétique — en défendant à ce propos, comme il l’avait déjà fait lundi en Allemagne, l’option de « l’énergie nucléaire », qui, à ses yeux, constitue une « opportunité évidente » alors que les réserves en gaz et en pétrole s’épuisent.
Avant d’aller voir la communauté française (près de 3.000 personnes), le président Sarkozy a également tenu à aller s’incliner devant le monument en hommage aux martyrs de l’insurrection antisoviétique de 1956.
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