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Emergence D’un Ordre Mondial Eclaté

Francisco Sagasti : De l’émergence d’un ordre mondial éclaté

Source: Centre de recherches pour le développement international, John Eberlee

1998-03-20

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Soldat en Amérique centrale

La vision baconienne du monde (c’est-à -dire la croyance en l’infaillibilité du progrès) qui a inspiré les sociétés industrialisées depuis presque quatre siècles tire à  sa fin. Pour qui s’intéresse à  la coopération pour le développement, la réussite dans le champ inexploré du nouvel ordre international sera fonction de l’adaptation structurelle des esprits, a soutenu Francisco Sagasti, président de FORO Nacional/Internacional de Lima (Pérou) et auteur d’un ouvrage en cours, L’émergence d’un ordre mondial éclaté, commandé par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI).

Selon Sagasti, investir dans la pensée, la réflexion, l’analyse de ce que nous sommes et, avec nos moyens limités, chercher à  modifier les attitudes ancrées, constitue aujourd’hui un des placements les plus judicieux que nous puissions faire.

Nous entrons dans une ère de transformation, a-t-il déclaré lors d’un récent colloque tenu au CRDI. La coopération pour le développement, telle que nous la connaissons, est révolue; la guerre froide a pris fin, l’âge d’or de la prospérité économique n’est plus qu’un souvenir. Nous touchons à  la fin d’une époque qui a duré environ 350-400 ans, que j’appellerais la période baconienne.

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Le projet baconien

Tout a commencé au xviie siècle alors que sir Francis Bacon proposa et commença à  mettre en pratique un nouveau projet qui plaçait l’homme au centre de l’univers. Le projet de Bacon consistait en une nouvelle façon de diffuser le savoir (la méthode scientifique), en un nouvel objectif (le savoir au service de la condition humaine) et en de nouvelles institutions vouées à  la création du savoir.

Pendant 350 ans, le monde occidental a vécu au rythme du projet baconien, affirme Sagasti. Ce projet a si bien réussi dans ses applications qu’il a fini par saper ses fondements mêmes. La conception de l’homme comme centre de l’univers a mené à  la destruction de l’environnement et nous a forcés à  redéfinir nos liens avec la nature.

La méthode scientifique, et notamment le réductionnisme, a en fin de compte donné des résultats que cette méthode même ne peut expliquer, depuis la physique quantique jusqu’à  la cosmologie en passant par la théorie du chaos et la théorie des systèmes [ce qui] a donné lieu à  de tout nouveaux outils intellectuels et à  l’éclosion de nouvelles façons de penser au cours des dernières décennies.

Les illusions perdues

Qui plus est, la croyance que Bacon mettait dans le progrès a été contestée à  maintes reprises. L’optimisme était à  son comble vers la fin du siècle dernier, mais 1914 a détruit toutes les illusions. Le carnage de la Première Guerre mondiale a jeté une confusion extrême, poursuit Sagasti. Ce qui est advenu après la Première Guerre mondiale (le traité de Versailles, le communisme, le nazisme, la Seconde Guerre mondiale, etc.) nous a enlevé toute innocence.

Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, on a vu resurgir un nouvel optimisme. Tout à  coup, il revenait à  la mode de penser de nouveau au progrès. De là  est née la notion moderne de coopération pour le développement. Le modèle implicite du développement consistait à  adopter le mode de vie américain pour faire en une génération ce que les pays industrialisés avait mis cinq ou six générations à  accomplir, sans assumer aucun des coùts sociaux. À cette expérience devaient se juxtaposer deux événements d’importance : le début de la guerre froide et le commencement d’une période de prospérité sans précédent.

La guerre froide a divisé le monde en deux camps distincts dont les buts étaient semblables, mais les méthodes fort différences (parti unique et planification centrale contre démocratie et économies de marché), rappelle Sagasti. Entre-temps, l’économie mondiale était en plein essor. De 1950 à  1973, le PIB par habitant s’est accru de 2,9 % par année, soit une croissance au moins trois fois plus rapide qu’entre 1913 et 1950. Partout dans le monde, le PIB par habitant s’est accru plus rapidement qu’au cours de toute autre période de notre histoire. L’Afrique a enregistré un taux de croissance de 4,4, % par an.

Une prospérité sans précédent

Le monde connaissant une prospérité sans précédent, les pays pouvaient se permettre d’être généreux. On a donc assisté à  une formidable expansion de la coopération pour le développement et des institutions s’intéressant au développement, à  l’augmentation non seulement des sommes qui y étaient consacrées, mais aussi du nombre d’organismes et instituts des Nations Unies et des organismes d’aide bilatérale, souligne Sagasti.

Depuis les années 1970 toutefois, nous avons fait un bond en arrière et ce recul s’est soldé par les compressions financières que nous connaissons depuis dix ans. Il faut bien comprendre que l’essor des institutions, les méthodes de travail auxquelles nous étions habitués appartiennent à  une époque révolue, poursuit Sagasti. La coopération pour le développement telle que nous l’avons connue et les institutions telles que nous les avons connues, n’existent plus, ne peuvent plus exister.

Je ne vais pas débattre de la réussite de la coopération pour le développement telle qu’on l’a vécue; je signale simplement qu’elle a pris fin. On ne peut plus avoir les mêmes structures institutionnelles, les mêmes programmes et, ce qui importe davantage, les mêmes attitudes ancrées. Le monde aujourd’hui est différent de ce qu’il était il y a 25 ans.

La stabilité internationale

Par exemple, la stabilité internationale avait en 1951 une signification tout autre qu’aujourd’hui, fait-il valoir. Il y a quarante ans, elle consistait en l’équilibre du pouvoir entre l’Est et l’Ouest. De nos jours, la stabilité a trait à  des questions comme la réaction à  l’effondrement de l’économie de la Corée du Sud.

Selon Sagasti, il nous faut de nouvelles mesures institutionnelles qui puissent s’adapter à  une situation plus complexe, plus fluide et fragmentée, qui met en cause non plus les deux superpuissances uniquement, mais un grand nombre d’intervenants.

De nouveaux acteurs entrent en scène, mais personne n’a encore écrit la pièce qu’ils doivent jouer. Au cours des prochaines années, il faudra de toute urgence repenser les rôles et prévoir une élégante sortie pour certains des [anciens] acteurs, conclut Sagasti.

John Eberlee est rédacteur au magazine Explore en ligne. (Photo : P. Bennett, ACDI)

Publié le 23 août, 2007 dans Nouvel Ordre Mondial.

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